L'entrepreneuriat et nous

L'entrepreneuriat et nous

Découvrir l'entrepreneuriat

On nous a toujours dit: "ne vous associez pas avec vos ami·e·s, ne travaillez pas avec vos ami·e·s, ne créez pas un projet avec vos ami·e·s". Au risque de briser des amitiés, de rater ses projets faute d'oser critiquer l'autre, ou encore de ne pas avoir d'expertise. 

On a aussi entendu: "vous êtes étudiantes et pas professionnelles, vous ne connaissez pas le milieu entrepreneurial, terminez vos études et après on en reparlera". 

Et pourtant... Cardiem, c'est un mélange de tout l'inverse de ces recommendations: une boîte créée par deux amies, deux étudiantes, devenues collègues au détour d'une aventure. 

Amies et collègues: mode d'emploi

Alors pourquoi on a réussi à travailler ensemble? On vous propose quelques conseils sur ce qui a permis que ça fonctionne pour nous. 

  1. Laisser exploser sa folie: proposer à l'autre toutes ses idées les plus absurdes, laisser exploser sa créativité et celle de l'autre sans penser à ce qui est réalisable ou non. La naissance d'un projet, c'est au départ une aventure personnelle, plein d'envies que l'on veut réaliser sans être bridé·e.
  2. Répartir les tâches: à l'une la stratégie, à l'autre la production. À l'une la compta, à l'autre le codage, etc. Si on passe l'une après l'autre sur les mêmes missions, on n'avance pas et ça crée un climat de méfiance franchement pas sympathique. 
  3. Demander de l'aide: répartir les tâches, ça ne veut pas dire cloisonner entièrement le travail. Solliciter l'autre (même un peu trop au début) pour lui demander son avis (une fois qu'on a une idée de réalisation), discuter, échanger, écouter... On a forcément eu des désaccords (voire des presque-disputes) mais c'est aussi ça qui stimule la création d'un projet. 
  4. Avoir confiance: l'autre corollaire de la répartition des tâches, c'est d'avoir confiance en ce que l'autre fait et de ne pas vouloir contrôler tout, toujours, tout le temps. Lâchons prise ! 
  5. Se soutenir dans les échecs (et les réussites): quand on se heurte à une grosse difficulté, chercher à attribuer la responsabilité sur une personne est le meilleur moyen de régler ses comptes, mais pas ses problèmes. Alors on accepte de faire une pause, de s'énerver ensemble, de pleurer ensemble, de réfléchir ensemble et de faire la fête ensemble. 

Étudiantes et entrepreneuses: mode d'emploi (bis)

Là aussi, c'est une situation pas toujours facile: l'entrepreneuriat, et encore plus le milieu de la maroquinerie, sont des domaines très masculins et très spécialisés. Y débarquer quand on est deux étudiantes, ça n'a rien de facile. Là encore, l'expérience nous a permis d'identifier quelques astuces (on n'a rien inventé la dessus, mais c'est toujours bien de s'en rappeler!):

  1. Oui, vous êtes crédible(s): dans le milieu de l'entrepreneuriat, on entend souvent que ce qui est souhaité, ce sont "des compétences et pas des connaissances", des "savoir-être et pas des savoirs". Et pourtant, les premières discussions portent presque tout le temps sur quelle formation on a suivi, quel diplôme on a, quelle boîte on aime... et on se retrouve encore dans une forme d'entre-soi. Et pourtant... On a vu une étudiante en sciences politiques se passionner pour la biologie marine, des diplômé·e·s en communication être les meilleurs gamers de tous les temps, et des jeunes se lancer dans la maroquinerie et le marquage textile sans être en rien spécialisé·e·s dans le domaine. 
  2. Une pince d'humilité: le risque, c'est de penser que parce qu'on veut faire ce projet, on sait tout à ce sujet. C'est de refuser d'écouter, de refuser la critique, de refuser les conseils. On peut affirmer sa crédibilité tout en demandant de l'expertise. C'est ce que nous a permis le programme d'incubation: de discuter avec des expert·e·s dans leur domaine, de demander plein de conseils et de bons plans, sans remettre en cause notre implication et notre engagement. Et vous savez quoi? Ça marche !
  3. Au revoir les préjugés: c'est le plus dur et le plus frustrant. D'arriver à un rendez-vous professionnel et qu'on ne comprenne pas que vous soyiez le·la fondateur·trice, que vous soyiez perpétuellement renvoyé·e à votre âge, votre genre ou votre fonction. C'est là encore que travailler avec d'autres entreprises, d'autres associations ou d'autres groupes aide: on y partage ces expériences injustes et on y trouve des moyens de résilience et d'action. 

On a hâte de découvrir vos projets !